Un phare dans la nuit!


La bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe, un phare dans la nuit

Le 23 octobre dernier avait lieu le lancement du livre Bibliothèques québécoises remarquables, un collectif qui réunit une trentaine de textes sur autant de bibliothèques que les auteurs qualifient de remarquables.

Ce livre divisé en deux parties présente les bibliothèques fondatrices et les bibliothèques remarquables. À Saint-Hyacinthe nous sommes choyés, car la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe fait partie du premier groupe.

Les bibliothèques fondatrices en leur temps, « furent remarquables, notamment parce que plusieurs n’ont réussi à s’établir qu’en défiant et en surmontant des conditions économiques, sociales politiques, culturelles, morales souvent très difficiles, sinon franchement adverses », notent Claude Corbo, directeur de cet ouvrage et ses collaboratrices Sophie Montreuil et Isabelle Crevier. Ils poursuivent : « elles [les bibliothèques fondatrices] témoignent du fait que le livre a bien été grandement présent au Québec. Les bibliothèques montrent aussi qu’il y eut au Québec, notamment dans les petites métropoles régionales comme Saint-Hyacinthe ou Nicolet, avant même les années de la Révolution tranquille, des hommes et des femmes aimant les livres et soucieux d’en assembler pour en faire bénéficier les jeunes gens confiés à leur travail éducatifs.»

Comme les autres bibliothèques fondatrices, celle du Séminaire de Saint-Hyacinthe a joué un rôle majeur dans son milieu puisqu’elle a accompagné « les débuts et les développements de la vie intellectuelle. » Une des raisons qui explique que Saint-Hyacinthe fut un foyer intellectuel assez important au XIXe siècle, c’est que le Séminaire et sa bibliothèque ont contribué à l’éducation de plusieurs acteurs importants de cette époque.

La bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe est installée dans ces locaux actuels depuis 1929, au rez-de-chaussée de l’aile sud-ouest. Méconnue aujourd’hui de la majorité des Maskoutains, cette bibliothèque regorge de trésors que l’on peut feuilleter au fil des allées, même si plusieurs livres sont conservés dans un des dépôts du Centre d’histoire qui jouit de conditions de conservation idéales avec la température et l’humidité contrôlés.

L’ensemble de ses collections regroupe plus de 200 000 ouvrages dont plusieurs sont exceptionnels. La majorité d’entre eux proviennent de dons de particuliers tels Télesphore-Damien Bouchard, maire et député de Saint-Hyacinthe et Denis-Benjamin Viger qui fut journaliste et politicien.

« Les anciennes bibliothèques québécoises, quelles qu’aient pu être leurs collections, quelles qu’aient pu être leurs limites, quelque médiocres qu’aient pu être leurs moyens financiers, on vraiment été des phares dans la nuit. » Par la richesse de ces collections, par le rôle important qu’elle a joué dans l’éducation d’un grand nombre de nos concitoyens et par sa valeur historique indéniable, il faut donc absolument préserver la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe qui demeure un joyau pour les Maskoutains.

Laissons la conclusion à Claude Corbo et à ses collaboratrices : « Avec le temps, ces bibliothèques fondatrices ont connu des destins divers. Certaines se sont transformées pour rendre possible des bibliothèques québécoises remarquables d’aujourd’hui, pour ainsi dire en s’y réincarnant. D’autres sont simplement disparues et leurs collections ont été dispersées lors d’encans ou de « vente de feu», quand une partie de leur collection n’a pas tout simplement été jetés aux ordures ou abandonnées aux éléments.»

Nous vous invitons à consulter le site internet de la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe en cliquant ici pour obtenir des informations.

Claude Corbo et Al. Bibliothèques québécoises remarquables. Del Busso éditeur, 2017, 347 pages.

Photo:
Aperçu de la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe.
Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.


Paul Foisy, 1er novembre 2017.