Familles maskoutaines (1)


Daniel Girouard
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 21 juin 2018.

Nos patronymes.
Projet depuis longtemps caressé, cet article se veut l’introduction à une longue série d’articles qui vous feront connaître les origines des nos principales familles maskoutaines. Il m’apparaît important de vous partager ici quelques points dignes d’intérêt qui vous permettront de mieux comprendre l’apparition de nos noms.


Saviez-vous qu’avant le douzième siècle, le commun des mortels ne portait uniquement qu’un prénom ? Seules les familles nobles avaient un patronyme, ce que nous nommons familièrement un nom de famille.

En France, si plusieurs personnes du même village portaient le même prénom, on lui associait celui de son père pour les différencier : Pierre à Germain. On allongeait la liste avec les générations : Pierre à Germain à François à Jacques. Cette tradition s’est perpétuée en Nouvelle-France avec l’arrivée des Français en Acadie.

Une autre façon de désigner les individus était de les associer à leur lieu de naissance  Lafrance, Langevin, Laperche, à une particularité physique: Beauregard, Leroux, Leblond, à un trait de caractère: L’Heureux, Labonté, Lajoie, à un métier: Boucher, Boulanger, Charpentier, Charron, Leclerc, L’Huissier ou à leur environnement: Beauchesne, Beaulac, Beaulieu, Beaupré, Delisle, Deschênes, Desjardins, Desmarais, Desrochers, Desrosiers, Dubois, Dupré, Laberge, Lapierre, Larivière, Laroche, Larue, etc.

Il y a environ 800 ans, cet usage se généralise sous la pression démographique. Ces noms deviennent la norme et finissent par se transmettre d’une génération à l’autre. En 1474, le roi Louis XI interdit à ses sujets de le modifier sans une autorisation royale.

Au dix-septième siècle, le roi François 1er, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, impose l’enregistrement des baptêmes et du nom de famille pour les catholiques. Ce registre d’état civil est tenu par le clergé, présent sur l’ensemble du royaume. Il faudra attendre la Révolution française pour que le nom de tous les citoyens soient inscrit sur les registres de l’état civil sans distinction de confession. L’enregistrement des naissances est alors confié à l’État. Une loi datée du 6 septembre 1793 confirme le principe d’immuabilité du nom patronymique.

En Nouvelle-France, la règle semble avoir été beaucoup plus souple. Il n’est pas rare de trouver des noms de famille qui ont été modifiés. Certains par nécessité linguistique : Jesse Van Den Dyke dit Gâtebois devenu Joseph Vandandaigue dit Gadbois. D’autres en adoptant leur surnom : Brodeur dit Lavigne, Chrétien dit Saint-Amand, Fontaine dit Bienvenue, Gazaille dit Saint-Germain, Gipoulon dit Lafleur, Guérin dit Lafontaine, Jaret dit Beauregard, Legros dit Saint-Pierre, Ménard dit Lafontaine, Richer dit Laflèche, Roireau dit Laliberté, Simon dit Delorme, Végiard dit Labonté. On retrouve aussi cette particularité dans le cas de mésententes familiales ou une partie des enfants gardent le nom du père et les autres décident de porter celui de leur mère.

Une des difficultés rencontrée lors de la recherche de notre lignée est l’orthographe des noms qui dépendait alors de l’éducation plus ou moins poussée du prêtre enregistrant les actes ou de sa compréhension des différents accents. La très grande majorité des gens ne sachant ni lire ni écrire, il leur était impossible de constater les erreurs.

Voici quelques exemples tirés de mes recherches personnelles : Blanchet, Blanchette; Blondo, Blondeau ; Costé, Côté ; Dyon, Dion ; Crestien, Chrestien, Chrétien; Denys, Denis; Des Marets, Desmarais ; Giroir, Giroard, Girouard ; Goguet, Goyette ; Lagassé, Lagacé ; Leclère, Leclairc, Leclaire, Leclerc ; L’Huissier, Lucié, Lucier, Lussier ; Maynard, Ménard ; Munier, Musnier, Meusnier, Meugnier, Meunier ; Perot, Perrot, Perrault, Perreault ; Philibot, Flibotte ; Prou, Proulx ; Solis, Soly ; Tétro, Tétrault, Tétreault.

Méthodologie
Afin de déterminer l’ordre de présentation des principales familles maskoutaines, je me suis basé sur les informations actuellement disponibles sur le site BMS2000, auquel contribuent vingt-quatre sociétés d’histoire du Québec, dont le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

La compilation des baptêmes, mariages et sépultures inscrits aux registres de Saint-Hyacinthe pour chacune des familles a déterminé leur rang. Je précise que Sainte-Rosalie et Saint-Thomas-d’Aquin ne font pas partie de cette étude, puisqu’ils étaient des villages indépendants avant la fusion du 27 décembre 2001.


Dans les prochains articles vous découvrirez les Lussier, Morin, Côté, Beauregard, Brodeur, Fontaine, Benoit, Messier, Roy, Tétreault, etc.


Photo:
Fontaine du Marché, don du seigneur Robert Jones. Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe CH380.


Cet article est le premier d'une longue série.

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