O. Chalifoux et fils


Par Hélène Sylvestre
Publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 15 mars 1978.

Une des plus anciennes et des plus importantes industries du Québec fut fondée à Saint-Hyacinthe en 1848, par Monsieur Olivier Chalifoux, sous le nom de O. Chalifoux & Fils Ltée, manufacturiers de machines à battre, machines pour presser le foin, scies à bois et engins à gazoline. Cette industrie était située sur la rue des Cascades, en arrière du bureau de poste. Après des débuts modestes, l'entreprise prit de l'ampleur et environ 450 machines sortaient de l’usine annuellement.

Le 5 septembre 1882, les ateliers de ces entreprenants industriels furent complètement détruits par un incendie. Fâcheusement et comme en 1880, l'aqueduc et la pompe à incendie ne fonctionnèrent qu’après un long retard. Cette fois, la faute retomba sur les pompiers, qui, paraît-il, à l’heure de l’alarme, pique-niquaient sous les pins du champ de course.

La Compagnie dut alors transporter ses ateliers sur la rue de La Bruère où elle occupait un espace de 31,000 pieds carrés. En 1883, un personnel de 75 hommes recevait annuellement $27,000 de salaires, ce qui fait une moyenne de $360 par année, (salaire loin de la réalité actuelle). Au cours de la même année, au-delà de $110 000 de produits furent expédiés dans toutes les parties du Canada.

Le fondateur de cette entreprise, Monsieur Olivier Chalifoux mourut en 1904 et son fils Hubert Trèfle dirigea l'exploitation sous le nom d’O. Chalifoux & Fils Ltée. D'année en année, l’entreprise prit de l’essor, beaucoup de cultivateurs des années 1916 et antérieures se rappelleront les presses à foin actionnées par les chevaux, connues dans le temps sous le nom de "Horse Power ", ainsi que tous les autres instruments agricoles de l’époque. Vers les années 1910, l’entreprise Chalifoux se fusionnait à Volcano et quelques années plus tard, Monsieur Wilfrid Girouard achetait les intérêts de Monsieur Chalifoux pour continuer sous le nom de O. Chalifoux & Fils. En 1925, cette dernière achetait la maison F.X. Bertrand et transportait l’usine sur la rue Ste-Anne. Les  nouveaux acquéreurs ont eu l'heureuse idée de s'abriter sous le nom de O. Chalifoux & Fils, quoique ne renfermant aucun membre de cette famille, afin de profiter de l'excellente réputation du plus vieil industriel de St-Hyacinthe. Aujourd'hui, cette industrie opère sous le nom de Volcano Ltée.

Les ateliers désertés de la rue La Bruère furent acquis par les religieuses de St-Joseph. Grâce à un passage souterrain, elles les utilisent comme une dépendance de leur grande maison.

Monsieur Tréflé Chalifoux mourut en 1918, à l'âge de 65 ans. Il a laissé le souvenir d’un gentilhomme et au point de vue religieux il pratiquait ses devoirs avec cette franche liberté qui en impose. Il avait été échevin de 1889 à 1892, président de la Cie de Gas et d’Électricité, à cette époque-là amalgamée avec la Southern Canada Power dont il était I un des directeurs. Il était président de la Provinciale-Vie et fit aussi partie du comité exécutif de I’ Association des Manufacturiers du Canada et de la Chambre de Commerce de Montréal. En 1889, il fut chargé avec l’exécuteur de la succession de F.X. Beaudry, de I’organisation, à Montréal, de I’École industrielle et, l’année suivante, de celle de Joliette. Puis il se consacra à son établissement la Maison O. Chalifoux & Fils Ltée.

Comme survivants à cette famille bien connue de Saint-Hyacinthe, quatre petits-enfants: Madame Marcel Dorais (Andrée Goyeau), Monsieur Jean Goyeau, enfants de Juliette Chalifoux, Madame Marcel Lebeau (Lucille Beaudet) fille d’Eva Chalifoux et Hubert Chalifoux, fils de Lionel.


Illustration:
Le Guide de Saint-Hyacinthe 1904, p. 195. Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH478.