Faut-il le croire ?

Des abeilles au confessionnal

Apiculteur amateur, l’abbé Charles-Amédée Guillet* (1864-1961), était un passionné des beautés et des merveilles de la vie des abeilles. Durant son séjour à Saint‑Pie, il avait installé deux ruches dans sa chambre à coucher au presbytère auxquelles les abeilles avaient accès en passant par la fenêtre.

Abbé Charles-Amédée Guillet, extrait d’une mosaïque de 1904. Fonds CH001 Séminaire de Saint-Hyacinthe

 

Léo Traversy (1894-1992), dans son livre de La Paroisse de Saint‑Damase de 1964, écrit à la page 190 : « Un samedi après-midi, après avoir terminé quelques opérations, plusieurs abeilles fâchées s’introduisirent accidentellement dans sa soutane; il s’en alla entendre les confessions, Mais Oh! quelle surprise! les bonnes sœurs furent dans l’obligation de déguerpir en toute hâte en entendant les sifflements et les cris de rage des abeilles prisonnières. À s’y méprendre les religieuses crurent entendre quelques mauvais esprits en train de prendre d’assaut le confessionnal de Monsieur l’Abbé. »

 

La chair d’écureuil est excellente

Dans un article intitulé « Belle chasse », paru dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 18 octobre 1892, p. 3, on peut lire qu’« Un hôtelier de Saint-Pie, comté de Bagot, M. Joseph Gendreau, tue douze écureuils gris. La chair de ces écureuils est excellente selon les connaisseurs. »

Extrait du journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 18 octobre 1892, p. 3

 

La yamachéniline : un poisson disparu

Dans une publication du Club des cartophiles québécois, l’oncle Siméon rapporte de beaux souvenirs d’histoire de pêche :

Tous les Québécois de mon âge ont entendu parler de la fameuse yamachéniline que l’on pouvait jadis pêcher dans la rivière Yamaska et dont la chair rouge se comparait très avantageusement au saumon du Pacifique. On servait d’ailleurs de la yamachéniline aux gourmets de l’hôtel Windsor. Cette carte postale des années 1920 nous en montre un petit spécimen pêché dans la Yamaska vis-à-vis de la Pointe-aux-bourdons, à un mille et demie au sud de St-Hyacinthe. Lorsque l’on pêchait la yamachéniline, il fallait l’assommer d’un coup de massue. On dit que la dernière yamachéniline fut pêchée dans la Yamaska le 28 mai 1943 par Achille Pilon : elle mesurait 14 pieds et 5 pouces de long. On peut encore admirer une yamachéniline empaillée au célèbre Natural Museum de Chicago. Je l’ai vu de mes yeux en 1958. Ah! la belle époque où l’on avait hâte au vendredi pour manger de la yamachéniline avec de la mélasse. Curieusement, mes petits-enfants ne savent même plus ce qu’est une yamachéniline. On ne leur montre donc plus rien à l’école !

Article dans le bulletin trimestrielle Cartes Postales, numéro 17, été 1995, p. 7.

J’ai rejoint l’historien qui se cachait sous le nom de l’oncle Siméon : nul autre que Jean-Marie Lebel, membre fondateur du Club des cartophiles québécois fondé le 4 décembre 1991. Il m’écrivit le 6 juillet 2021 : « Je n’ai malheureusement plus cette carte postale.  Je la trouvais curieuse et elle m’avait inspiré cette « histoire de pêche » que j’avais attribuée à l’oncle Siméon! »

 

Faut-il le croire ?

Sur cette touche de légèreté, j’espère que ces quelques histoires vous ont fait sourire.

 

D’après un article de Richard St-Pierre tiré de la chronique « Histoire et patrimoine » de l’Écho de ma ville (le bulletin municipal de Saint-Pie) paru en août 2021.

 

* L’abbé Charles-Amédée Guillet (1864-1961) fut vicaire à Saint‑Pie de septembre 1898 à février 1900 et de nouveau en juillet et août 1901.

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