{"id":3545,"date":"2024-02-08T10:38:13","date_gmt":"2024-02-08T15:38:13","guid":{"rendered":"https:\/\/histoiredemaska.com\/?post_type=histoire&#038;p=3545"},"modified":"2024-05-27T09:18:19","modified_gmt":"2024-05-27T13:18:19","slug":"maximilien-aime-keroack-libraire","status":"publish","type":"histoire","link":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/histoire\/maximilien-aime-keroack-libraire\/","title":{"rendered":"Maximilien-Aim\u00e9 K\u00e9roack, libraire"},"content":{"rendered":"<p><strong>Article paru dans\u00a0<em>Le Courrier de Saint-Hyacinthe<\/em> le 30 mai 2013<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cat\u00e9gorie:\u00a0<\/strong>Commerces<\/p>\n<p><strong>Sous-cat\u00e9gorie:\u00a0<\/strong>Litt\u00e9rature<\/p>\n<p><strong>Auteure:\u00a0<\/strong>Anne-Marie Charuest<\/p>\n<p>Parmi les nombreux commer\u00e7ants de Saint-Hyacinthe qui ont tout perdu lors du grand feu de 1876, certains de ceux-ci, qui avaient d\u00e9j\u00e0 bonne r\u00e9putation avant l&#8217;\u00e9v\u00e9nement, avaient avantage \u00e0 se reconstruire. C&#8217;est le cas du libraire Maximilien-Aim\u00e9 K\u00e9roack.<\/p>\n<p>N\u00e9 le 30 avril 1839 \u00e0 Saint-Charles-sur-Richelieu, Maximilien-Aim\u00e9 Le Brice de K\u00e9roack est le fils de l&#8217;instituteur L\u00e9on-Solyme et \u00c9l\u00e9onore L\u00e9tourneau. Les registres du S\u00e9minaire de Saint-Hyacinthe nous d\u00e9montrent qu\u2019il y \u00e9tudie seulement deux ans (1849 \u00e0 1851), mais l&#8217;enfant n\u2019a que 10 ans \u00e0 son entr\u00e9e au \u00abColl\u00e8ge\u00bb.<\/p>\n<p>En 1860, il \u00e9tablit son commerce au coin des rues Cascades et Sainte-Anne. La librairie K\u00e9roack deviendra s\u00fbrement un lieu de rencontres intellectuelles, car on sait que le libraire s&#8217;implique au sein de l&#8217;Institut des artisans de Saint-Hyacinthe, un regroupement de gens de m\u00e9tier. Il est \u00e9galement un des membres fondateurs de L&#8217;Union catholique de Saint-Hyacinthe en 1865, nomm\u00e9 biblioth\u00e9caire de l\u2019organisme pr\u00e9sid\u00e9 par l\u2019avocat Honor\u00e9 Mercier (futur premier ministre du Qu\u00e9bec).<\/p>\n<p>Mais une autre entreprise commerciale l&#8217;occupe \u00e0 compter de 1868. En association avec Pierre Bachand, Louis Delorme, Honor\u00e9 Mercier, Louis Tach\u00e9, J\u00e9r\u00f4me-Adolphe Chicoyne et quelques autres, il devient le promoteur du bateau \u00e0 vapeur le Notre-Dame, qui sillonnera durant plus de quatre ans la rivi\u00e8re Yamaska de Saint-Hyacinthe \u00e0 Saint-C\u00e9saire, en passant par Saint-Pie.<\/p>\n<p>C&#8217;est probablement gr\u00e2ce \u00e0 cet utile moyen de transport qu&#8217;il rencontre la jeune Malvina Gauthier, qu&#8217;il \u00e9pouse le 23 mai 1871 \u00e0 Saint-Pie. Maximilien-Aim\u00e9 a 32 ans et son \u00e9pouse, fille du notaire Andr\u00e9 Gauthier et H\u00e9lo\u00efse Clothilde Fauteux, en a 19 (n\u00e9e le 3 mars 1852). Le mariage sera c\u00e9l\u00e9br\u00e9 avec faste, en pr\u00e9sence du vicaire g\u00e9n\u00e9ral Mgr Louis-Z\u00e9phirin Moreau.<\/p>\n<p>Le couple ne restera pas longtemps seul puisque durant les dix prochaines ann\u00e9es, Malvina mettra huit enfants au monde. Le premier enfant, nomm\u00e9 Aim\u00e9, ne vivra que deux jours et le quatri\u00e8me, S\u00e9raphin, d\u00e9c\u00e8de \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de deux mois. Il faudra attendre le huiti\u00e8me enfant pour avoir un autre gar\u00e7on, n\u00e9 quelques mois avant le grand d\u00e9part.<\/p>\n<p>En effet, cette grande famille maskoutaine fait partie de l\u2019importante migration vers l&#8217;Ouest. En 1882, le couple K\u00e9roack, accompagn\u00e9 de leurs cinq filles et du b\u00e9b\u00e9, plient bagage: direction Saint-Boniface, Manitoba. Mais comment en sont-ils arriv\u00e9s \u00e0 cette d\u00e9cision?<\/p>\n<figure id=\"attachment_3546\" aria-describedby=\"caption-attachment-3546\" style=\"width: 648px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3546\" src=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/keroac-librairie-300x188.jpg\" alt=\"K\u00e9roac et sa librairie\" width=\"648\" height=\"406\" srcset=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/keroac-librairie-300x188.jpg 300w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/keroac-librairie-768x480.jpg 768w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/keroac-librairie-600x375.jpg 600w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/keroac-librairie.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 648px) 100vw, 648px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3546\" class=\"wp-caption-text\">Maximilien-Aim\u00e9 K\u00e9roack et sa librairie. Centre d&#8217;histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH478 Collection de la Soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;histoire r\u00e9gionale de Saint-Hyacinthe.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Nous soup\u00e7onnons qu&#8217;un \u00e9v\u00e9nement \u00abanodin\u00bb en 1874, en a \u00e9t\u00e9 l&#8217;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur. Dans son\u00a0<em>Histoire de Saint-Hyacinthe<\/em>, \u00e9crite en 1930, Mgr Charles-Philippe Choquette raconte qu&#8217;un soir de septembre 1874, le controvers\u00e9 Louis Riel frappe \u00e0 la porte de la demeure de Camille Lussier, beau-fr\u00e8re du libraire puisqu\u2019il a \u00e9pous\u00e9 Marie-Anne-Solange-Domithilde K\u00e9roack en 1864. Lussier, en collaboration avec Maximilien-Aim\u00e9 K\u00e9roack, regroupe environ une centaine de personnes dans une grande salle du bureau d\u2019affaires de l\u2019avocat Louis Tellier. Par la suite, en compagnie des deux beaux-fr\u00e8res, Louis Riel se rend au S\u00e9minaire de Saint-Hyacinthe, cr\u00e9ant tout un \u00e9moi dont l\u2019abb\u00e9 Fran\u00e7ois T\u00e9treau t\u00e9moigne dans son journal quotidien.<\/p>\n<p>On ne sait pas si K\u00e9roack \u00e9prouve des difficult\u00e9s financi\u00e8res \u00e0 cette \u00e9poque, qui l\u2019auraient emmen\u00e9 \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager, mais les journaux du temps t\u00e9moignent que le \u00abbloc K\u00e9roack\u00bb est avantageusement situ\u00e9 face \u00e0 la Banque de Saint-Hyacinthe sur la rue Cascades, \u00e0 compter de 1877. Il a donc bien reconstruit son commerce au m\u00eame endroit.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 des articles de la Soci\u00e9t\u00e9 historique de Saint-Boniface, nous avons d\u00e9couvert que K\u00e9roack op\u00e8re la premi\u00e8re librairie bilingue de la r\u00e9gion. Les affaires vont si bien qu\u2019en 1891, il ouvre une deuxi\u00e8me librairie \u00e0 Winnipeg, avec l\u2019implication de ses deux filles Eug\u00e9nie et Blanche, en plus de son \u00e9pouse Malvina, qui a quand m\u00eame eu le temps d\u2019avoir trois autres enfants. En 1897, les deux s\u0153urs ach\u00e8tent les deux librairies : Eug\u00e9nie \u00e0 Winnipeg et Blanche \u00e0 Saint-Boniface.<\/p>\n<p>Maximilien-Aim\u00e9 Le Brice de K\u00e9roack d\u00e9c\u00e8de le 3 janvier 1899 \u00e0 l\u2019aube de ses 60 ans. C\u2019est sa veuve Malvina qui prend la rel\u00e8ve en compagnie de sa fille Eug\u00e9nie et son fils Albert. De son c\u00f4t\u00e9, Blanche vend ses parts \u00e0 sa m\u00e8re en 1904 et se tourne vers la vocation religieuse. Avec sa s\u0153ur Anna, elles fondent le monast\u00e8re du Pr\u00e9cieux-Sang \u00e0 Saint-Boniface.<\/p>\n<p>Les deux commerces seront op\u00e9r\u00e9s par la famille K\u00e9roack jusqu\u2019\u00e0 la vente \u00e0 un groupe d\u2019hommes d\u2019affaires en 1921, \u00e0 la suite du d\u00e9c\u00e8s de Malvina. Il est remarquable de noter que les femmes K\u00e9roack comptent parmi les rares femmes d\u2019affaires au Manitoba au tournant du 20e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>* Voici un lien vers le blogue de la famille Kirouac\/K\u00e9rouack du Manitoba, publi\u00e9 par Mme Martine Bordeleau.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"YYdBzDf7bX\"><p><a href=\"https:\/\/webouest.ca\/les-kirouac-et-les-keroack-du-manitoba\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les Kirouac et les K\u00e9roack du Manitoba<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"\u00ab\u00a0Les Kirouac et les K\u00e9roack du Manitoba\u00a0\u00bb &#8212; WebOuest\" src=\"https:\/\/webouest.ca\/les-kirouac-et-les-keroack-du-manitoba\/embed\/#?secret=ktLgDzvj9L#?secret=YYdBzDf7bX\" data-secret=\"YYdBzDf7bX\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"featured_media":3546,"template":"","auteur":[67],"categorie-dhistoire":[86],"class_list":["post-3545","histoire","type-histoire","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","auteur-anne-marie-charuest","categorie-dhistoire-commerces"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/3545","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/histoire"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/3545\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4432,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/3545\/revisions\/4432"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3546"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3545"}],"wp:term":[{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=3545"},{"taxonomy":"categorie-dhistoire","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categorie-dhistoire?post=3545"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}