{"id":4301,"date":"2024-04-25T09:26:29","date_gmt":"2024-04-25T13:26:29","guid":{"rendered":"https:\/\/histoiredemaska.com\/?post_type=histoire&#038;p=4301"},"modified":"2024-04-25T09:26:29","modified_gmt":"2024-04-25T13:26:29","slug":"la-porte-des-anciens-maires-2","status":"publish","type":"histoire","link":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/histoire\/la-porte-des-anciens-maires-2\/","title":{"rendered":"La Porte des Anciens Maires (2)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Article paru dans\u00a0<em>Le Courrier de Saint-Hyacinthe<\/em> le 12 avril 1978<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cat\u00e9gorie:\u00a0<\/strong>Patrimoine b\u00e2ti<\/p>\n<p><strong>Sous-cat\u00e9gorie:\u00a0<\/strong>Porte des Anciens Maires<\/p>\n<p><strong>Auteure:<\/strong> Claire Lachance<\/p>\n<p><strong>Les devis<\/strong><br \/>\nVoyons maintenant les devis tels que pr\u00e9sent\u00e9s par M.\u00a0Ren\u00e9 Richer.<\/p>\n<p>\u00ab Les tours sont \u00e9lev\u00e9es sur une base en b\u00e9ton arm\u00e9 (1-2-4) ; cette base descendra du niveau du sol, jusqu\u2019\u00e0 4-6\u2019 au-dessous. Tous les ouvrages indiqu\u00e9s sur le plan comme \u00e9tant de pierre, seront en pierre Indiana, Deschambault, ou \u00e9quivalente, pos\u00e9e au mortier de ciment Portland (1-3). La brique sera de la brique \u201cCitadel\u201d pos\u00e9e sur baguettes \u00e0 joints creux de \u00bd x \u00bd. Tous les couvertures seront en cuivre de 16 onces pos\u00e9 sur baguette de 1\u00bc x 1\u00bc\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab La port\u00e9e centrale, au-dessus du pavage, sera mont\u00e9e en charpente de bois, recouverte de \u00ab Bishopric Lath \u00bb et ensuite de \u00ab magn\u00e9site \u00bb. Les panneaux montr\u00e9s au plan seront en planches de ch\u00eane de 1\u2019\u2019 d\u2019\u00e9paisseur, huil\u00e9s \u00e0 l\u2019huile de lin bouillie. Le panneau central pourra servir \u00e0 l\u2019inscription de quelques notes historiques sur la cit\u00e9. Il y sera fix\u00e9 une plaque de bronze dont les dimensions seront d\u00e9termin\u00e9es plus tard, sur laquelle des noms seront inscrits. L\u2019int\u00e9rieur de la tour, de plus grandes dimensions, sera am\u00e9nag\u00e9e en vue de servir plus tard de vespasienne.\u00a0Il y sera install\u00e9 une horloge, pourvue de deux cadrans, \u00e9clair\u00e9s de l\u2019int\u00e9rieur et mue par l\u2019\u00e9lectricit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Les plans<\/strong><br \/>\nLe plan pr\u00e9par\u00e9 par M. Richer et accept\u00e9 par les membres du Conseil me semble avoir subi une modification assez importante, non pas tellement dans la forme, mais plut\u00f4t dans les ajouts et les motifs d\u00e9coratifs. Sans doute press\u00e9 par l\u2019\u00e9ch\u00e9ance trop br\u00e8ve de six semaines ou peut-\u00eatre par le montant insuffisant de la souscription pr\u00e9vue pour le co\u00fbt, l\u2019on dut employer plus de briques que de pierres et sacrifier certaines ornementations. Parmi celles-ci, quatre poivri\u00e8res, ou gu\u00e9rites \u00e0 toit conique, qui devaient se trouver aux angles de la tour nord et le pinacle destin\u00e9 \u00e0 supporter le m\u00e2t en couronnant la tour sud, ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es.<\/p>\n<p>Il en est ainsi pour les vespasiennes qui n\u2019ont jamais exist\u00e9, l\u2019espace r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 cet effet \u00e9tant occup\u00e9 par les pompes qui activent les jets d\u2019eau. Les fontaines projet\u00e9es devant la tour ont fait place \u00e0 trois dauphins, en pierre, qui, t\u00eate en bas, d\u00e9versent l\u2019eau par leur gueule b\u00e9ante dans un bassin au ras du sol. La pierre employ\u00e9e dans la construction est artificielle et, me dit-on, les blocs auraient \u00e9t\u00e9 moul\u00e9s dans les ateliers de la Compagnie Arco de Montr\u00e9al. Je ne tenterai pas de vous faire une description d\u00e9taill\u00e9e de toute la porte, telle que nous la voyons aujourd\u2019hui, vous la connaissez mieux que moi\u00a0; cependant, je crois qu\u2019il est important de s\u2019arr\u00eater \u00e0 l\u2019aspect du portail situ\u00e9 sur les deux faces de la base de la tour sud.<\/p>\n<p>Ce portail-aveugle, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il ne d\u00e9bouche sur rien, se voulait sur le plan initial de l\u2019ordre grec dorique \u00e0 colonnes d\u00e9gag\u00e9es. Il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 dans le style Renaissance, lequel se caract\u00e9rise par un retour aux influences de l\u2019Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine dont on a emprunt\u00e9 les motifs. Ses colonnes engag\u00e9es, prises dans la ma\u00e7onnerie, comportent tous les \u00e9l\u00e9ments architecturaux de ce style que sont\u00a0: pi\u00e9destal, socle, base et f\u00fbt uni que couronne un chapiteau composite. Au-dessus, se trouve l\u2019entablement compos\u00e9 de l\u2019architrave et de la frise, cette derni\u00e8re termin\u00e9e \u00e0 chaque extr\u00e9mit\u00e9 d\u2019un tailloir o\u00f9 l\u2019on voit une fleur de lys.<\/p>\n<p>Cette frise, identique sur les deux faces de la tour, et dont les \u00e9l\u00e9ments sont en relief, comprend une guirlande de feuilles d\u2019acanthe desquelles surgit un cheval marin ail\u00e9. L\u2019architecte voulait symboliser le courage dont a fait preuve la population de Saint-Hyacinthe \u00e0 la suite des trois d\u00e9sastreux incendies de 1854, 1876 et 1903. Un cartouche, en forme d\u2019\u00e9cusson et plac\u00e9 au centre de la frise, repr\u00e9sente nos sources fran\u00e7aises et canadiennes avec le coq gaulois et un groupe de trois feuilles d\u2019\u00e9rable. De chaque c\u00f4t\u00e9 du cartouche, la devise : \u00ab Oublier ne puis \u00bb, nous rappelle de rester fid\u00e8les \u00e0 nos origines. Au-dessus, la corniche en saillie surmont\u00e9e de deux boules de pierre, couronne l\u2019entablement. La trav\u00e9e, plac\u00e9e sous l\u2019architrave, de forme plein cintre, encadre les plaques de cuivre sur lesquelles sont grav\u00e9s d\u2019un c\u00f4t\u00e9\u00a0: les \u00e9v\u00e9nements historiques depuis l\u2019arriv\u00e9e des premiers colons en terre maskoutaine, avec les dates des trois feux, et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, sont inscrits les noms des anciens maires et les dates de leur mandat de 1858 \u00e0 1917.<\/p>\n<figure id=\"attachment_4303\" aria-describedby=\"caption-attachment-4303\" style=\"width: 443px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4303\" src=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Rene-Richer-CH085-250x300.jpg\" alt=\"Ren\u00e9 Richer\" width=\"443\" height=\"532\" srcset=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Rene-Richer-CH085-250x300.jpg 250w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Rene-Richer-CH085-853x1024.jpg 853w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Rene-Richer-CH085-768x922.jpg 768w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Rene-Richer-CH085-600x721.jpg 600w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Rene-Richer-CH085.jpg 1000w\" sizes=\"(max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4303\" class=\"wp-caption-text\">Ren\u00e9 Richer. Centre d&#8217;histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH085 Studio B.J. H\u00e9bert, photographe.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>L\u2019architecte<\/strong><br \/>\nM. Richer est n\u00e9 \u00e0 St-Hyacinthe le 14 septembre 1887, du mariage de M. Euclide Richer, chevalier de Pie IX, fondateur de la Librairie Richer en 1872 et ancien maire de la ville de 1898 \u00e0 1901, et de St\u00e9phanie Dubord. Il avait trois fr\u00e8res : Jules, Paul et Adrien, tous trois libraires et une s\u0153ur, Juliette, mari\u00e9e \u00e0 M. V. Ernest Fontaine, avocat. \u00c9l\u00e8ve du S\u00e9minaire d\u00e8s 1897, il y fait ses \u00e9tudes classiques et passe ensuite deux ans \u00e0 l\u2019\u00e9cole Polytechnique de Montr\u00e9al. En 1909, se sentant particuli\u00e8rement attir\u00e9 vers l\u2019architecture, il acquiert de l\u2019exp\u00e9rience en travaillant dans divers bureaux d\u2019architectes puis il part pour Paris o\u00f9 il \u00e9tudie pendant un an, \u00e0 l\u2019atelier de MM.\u00a0Duquesne-Recours, atelier attach\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9cole Nationale des Beaux-Arts.<\/p>\n<p>De retour au pays en 1912, M.\u00a0Richer fut admis \u00e0 la pratique de l\u2019architecture en 1914 et ouvrit alors un bureau \u00e0 Montr\u00e9al qu\u2019il conserva jusqu\u2019en 1918. Le 28 septembre 1915, il avait \u00e9pous\u00e9 Mlle Fernande Lamalice de Montr\u00e9al dont il e\u00fbt deux filles\u00a0; l\u2019une \u00e9tant morte en bas \u00e2ge, seule, lui survit le Dr Claude Lise Richer qui s\u2019occupe actuellement (en 1978) de recherches m\u00e9dicales \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al o\u00f9 elle a collabor\u00e9 aux travaux du Dr Hans Selye.<\/p>\n<p>De nature plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9e, gros travailleur, M. Richer sortait peu en dehors de ses activit\u00e9s professionnelles et n\u2019appartenait \u00e0 aucune association mondaine. Intellectuel, il aimait la lecture et les voyages, aussi, il retourna, avec son \u00e9pouse, en Europe \u00e0 plusieurs reprises.\u00a0 \u00c9chevin, puis greffier de la ville de 1924 \u00e0 1931, il devint directeur des services municipaux pendant quelques ann\u00e9es. M. Richer a laiss\u00e9 une \u0153uvre consid\u00e9rable ayant fait les devis de presque toutes les \u00e9glises du dioc\u00e8se de Saint-Hyacinthe, b\u00e2ties depuis l\u2019ann\u00e9e 1930 et d\u2019une multitude d\u2019institutions religieuses et scolaires. Mentionnons entre autres, l\u2019\u00e9glise du Sacr\u00e9-Coeur de Saint-Hyacinthe, celles de Rougemont et de Saint-Simon, la r\u00e9novation int\u00e9rieure de l\u2019\u00c9glise de Notre-Dame de Granby et celle de Notre-Dame de Saint-Hyacinthe, la restauration du Grand-H\u00f4tel, l\u2019annexe de l\u2019H\u00f4tel de Ville, le couvent des s\u0153urs de Saint-Joseph, l\u2019H\u00f4pital St-Charles et plusieurs maisons. Toutefois, son \u0153uvre ma\u00eetresse demeure la chapelle du S\u00e9minaire, \u00e9rig\u00e9e en 1927, et o\u00f9 sa formation classique de l\u2019architecture p\u00fbt trouver toute son expression dans l\u2019art ogival.<\/p>\n<p>Architecte de talent, M.\u00a0Richer fut re\u00e7u membre de l\u2019Institut Royal d\u2019Architecture du Canada en 1941, et sa renomm\u00e9e d\u00e9passa les limites de sa ville. Vers l\u2019ann\u00e9e 1935, il s\u2019associa avec l\u2019architecte Lucien Sarra-Bournet et il d\u00e9c\u00e9da \u00e0 St-Hyacinthe, le 8 juin 1963, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 76 ans.<\/p>\n<p><strong>Photo de couverture:\u00a0<\/strong>Porte des Anciens Maires vers 1960. Centre d&#8217;histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH0548 Raymond B\u00e9langer, photographe.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":4302,"template":"","auteur":[107],"categorie-dhistoire":[65],"class_list":["post-4301","histoire","type-histoire","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","auteur-claire-lachance","categorie-dhistoire-patrimoine-bati"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/4301","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/histoire"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/4301\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4305,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/4301\/revisions\/4305"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4302"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4301"}],"wp:term":[{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=4301"},{"taxonomy":"categorie-dhistoire","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categorie-dhistoire?post=4301"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}