{"id":6524,"date":"2025-04-07T13:54:41","date_gmt":"2025-04-07T17:54:41","guid":{"rendered":"https:\/\/histoiredemaska.com\/?post_type=histoire&#038;p=6524"},"modified":"2025-04-07T13:54:41","modified_gmt":"2025-04-07T17:54:41","slug":"curieuses-gourmandises-enfantines","status":"publish","type":"histoire","link":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/histoire\/curieuses-gourmandises-enfantines\/","title":{"rendered":"Curieuses gourmandises enfantines"},"content":{"rendered":"<p>Comme partout ailleurs, Saint-Hyacinthe a eu ses chroniqueurs. Sans \u00eatre historiens de formation, ces hommes et ces femmes ont laiss\u00e9 des t\u00e9moignages, souvent \u00e9crits, du temps de leur enfance ou m\u00eame de p\u00e9riodes qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s mais dont ils connaissent les faits par l\u2019entremise de leurs parents ou grands-parents. Ces textes sont tr\u00e8s pr\u00e9cieux, surtout pour qui s\u2019int\u00e9resse aux us et coutumes d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9e. Cet article resasse quelques souvenirs de deux chroniqueurs maskoutains bien connus\u00a0: Camille Madore<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> et Philippe Pothier<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Messieurs Madore et Pothier se rappellent ici de quelques friandises et gourmandises de leur jeunesse.<\/p>\n<p>D\u00e9butons par le t\u00e9moignage de Camille Madore : \u00ab De tout temps, les enfants ont aim\u00e9 manger ce que les parents ont souvent appel\u00e9 des \u00ab salet\u00e9s \u00bb. Pour ma part, sans parler du p\u00e2t\u00e9 de terre auquel une gentille fillette m\u2019a fait go\u00fbter tout petit, je me souviens d\u2019avoir grignot\u00e9 des glands que nous allions ramasser au pied des ch\u00eanes du parc Dessaulles. En automne, nous raffolions des belles cenelles rouges cueillies au milieu des ronces, o\u00f9 nous d\u00e9chirions nos fonds de culotte. Les poches de nos petits paletots en \u00e9taient toujours remplies. Bien s\u00fbr, nous mangions aussi des gadelles rouges ou blanches que nous trempions dans un verre d\u2019eau avant de les rouler dans une soucoupe pleine de sucre blanc. Les disamares, que nous appelions \u00ab petites culottes \u00bb qui, l\u2019\u00e9t\u00e9, tombaient en tournoyant des \u00e9rables, \u00e9taient d\u00e9licieuses elles aussi, sauc\u00e9es, \u00e0 l\u2019instar des gadelles, dans l\u2019eau puis dans une soucoupe remplie, cette fois-l\u00e0, de sel\u2026<\/p>\n<p>Plus \u00e2g\u00e9s, les p\u2019tits gars, abandonnaient ces gourmandises pour fumer en cachette, d\u2019abord des feuilles s\u00e8ches, dont nous bourrions de petites pipes creus\u00e9es dans un gland, un bout de macaroni bien droit en guise de manche. En \u00e9t\u00e9, nous fumions aussi des \u00ab cheveux de bl\u00e9 d\u2019Inde \u00bb ou encore des cigarettes d\u2019aiguilles de pins, enroul\u00e9es dans du papier. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s mauvais! Enfin, je fumai parfois des pip\u00e9es de th\u00e9 (pas tr\u00e8s bon non plus) ou de caf\u00e9\u2026 Pouah! \u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_6529\" aria-describedby=\"caption-attachment-6529\" style=\"width: 536px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6529\" src=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/enfants-gourmands-300x188.jpg\" alt=\"\" width=\"536\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/enfants-gourmands-300x188.jpg 300w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/enfants-gourmands-768x480.jpg 768w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/enfants-gourmands-600x375.jpg 600w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/enfants-gourmands.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 536px) 100vw, 536px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6529\" class=\"wp-caption-text\">Jeunes enfants vers 1900. Centre d&#8217;histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH085 Studio B.J. H\u00e9bert, photographe.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Voici maintenant le t\u00e9moignage du juge Pothier\u00a0: \u00ab Mon p\u00e8re fabriquait de la tire \u00e0 la m\u00e9lasse certains dimanches d\u2019hiver dans l\u2019apr\u00e8s-midi. Toute la famille travaillait \u00e0 la chaine. Apr\u00e8s avoir fait bouillir ensemble tous les ingr\u00e9dients qui la composaient (eau, m\u00e9lasse, beurre et cr\u00e8me), mon p\u00e8re \u00e9tendait la tire en une longue tresse qu\u2019il saupoudrait de farine, afin de bien l\u2019\u00e9tirer. Chacun avait son \u00e9cheveau qu\u2019il manipulait comme un accord\u00e9on en faisant des torsades jusqu\u2019au moment o\u00f9 la tire devenait d\u2019un beau brun clair. Un autre la coupait avec des ciseaux et l\u2019on alignait les petits morceaux dans des assiettes que l\u2019on d\u00e9posait au froid dans la laiterie. Une autre recette \u00e0 la cassonade donnait un bonbon d\u2019une belle couleur ambr\u00e9e.<\/p>\n<p>Aux jours gras (les sept jours pr\u00e9c\u00e9dant le mercredi des cendres), il y avait le bazar de l\u2019H\u00f4tel-Dieu, tenu par les S\u0153urs de la Charit\u00e9, o\u00f9 c\u2019\u00e9tait le temps pour les enfants de se gaver de bonbons, de cr\u00e8me glac\u00e9e ou de fruits. Il y avait aussi une tire sp\u00e9ciale, confectionn\u00e9e par les S\u0153urs, que nous appelions la \u00ab tire du bazar \u00bb. En fait, il s\u2019agissait d\u2019une tire br\u00fbl\u00e9e, sorte de mousse sucr\u00e9e cristallis\u00e9s, dans laquelle il y avait autant d\u2019air que de solide. \u00c0 cette \u00e9poque, nous n\u2019avions pas de fruits frais toute l\u2019ann\u00e9e mais dans le temps du bazar, il y avait des oranges et des bananes en quantit\u00e9 que l\u2019on pouvait acheter \u00e0 deux pour cinq cents. Il y avait aussi des huitres que l\u2019on mangeait au verre avec quelques gouttes de vinaigre, pour le prix de dix cents. \u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_6531\" aria-describedby=\"caption-attachment-6531\" style=\"width: 423px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-6531\" src=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Hotel-Dieu-recette-du-bazar-1926-CH479-229x300.jpg\" alt=\"Recettes du Bazar pour l'ann\u00e9e 1926. On peut remarquer que les bonbons sont une des meilleures sources de revenu de l'activit\u00e9 de financement. Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH479 Histoire religieuse, civile et politique.\" width=\"423\" height=\"554\" srcset=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Hotel-Dieu-recette-du-bazar-1926-CH479-229x300.jpg 229w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Hotel-Dieu-recette-du-bazar-1926-CH479-781x1024.jpg 781w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Hotel-Dieu-recette-du-bazar-1926-CH479-768x1007.jpg 768w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Hotel-Dieu-recette-du-bazar-1926-CH479-1172x1536.jpg 1172w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Hotel-Dieu-recette-du-bazar-1926-CH479-1563x2048.jpg 1563w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Hotel-Dieu-recette-du-bazar-1926-CH479-600x786.jpg 600w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Hotel-Dieu-recette-du-bazar-1926-CH479.jpg 1610w\" sizes=\"(max-width: 423px) 100vw, 423px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6531\" class=\"wp-caption-text\">Recettes du Bazar pour l&#8217;ann\u00e9e 1926. On peut remarquer que les bonbons sont une des meilleures sources de revenu de l&#8217;activit\u00e9 de financement. Centre d&#8217;histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH479 Histoire religieuse, civile et politique.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En guise de conclusion, donnons la parole \u00e0 Camille Madore\u00a0: \u00ab Tout ceci se passait au temps de mon enfance, alors que nous vivions en vase clos, tous ensemble, entre nous, et cela avait son charme. \u00catre maskoutains signifiait presque \u00eatre membre d\u2019une m\u00eame famille alors qu\u2019il n\u2019y avait pas, ou presque, d\u2019autos, ni radio, ni t\u00e9l\u00e9vision, et que peu de gens voyageaient hors de la ville. Beaucoup de maskoutains naissaient et mouraient sans jamais \u00eatre sortis de la ville.<\/p>\n<p>Certains se souviendront d\u2019avoir connu cette \u00e9poque, d\u2019autres diront que ce sont l\u00e0 des souvenances nostalgiques qui n\u2019ont rien \u00e0 voir avec la dure r\u00e9alit\u00e9 de notre \u00e9poque, cependant, il est certain que l\u2019\u00e9vocation de l\u2019enfance v\u00e9cue au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, demeure une source de r\u00e9f\u00e9rence importante pour tous. \u00bb<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s un article d\u2019Albert R\u00e9millard, publi\u00e9 dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 12 novembre 1996.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> N\u00e9 \u00e0 Saint-Hyacinthe en 1907, Camille Madore est le fils du juge de la Cour Sup\u00e9rieure pour le district de Saint-Hyacinthe, Joseph-Alexandre-Camille Madore et de Lisette Beauchemin. Il fait ses \u00e9tudes classiques au S\u00e9minaire de Saint-Hyacinthe. Il sera fonctionnaire au minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, d\u2019abord \u00e0 Qu\u00e9bec, puis \u00e0 l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire de 1947 \u00e0 1972. \u00c0 sa retraite, il r\u00e9dige ses m\u00e9moires sur son enfance et son adolescence\u00a0: \u00ab \u00c0 Saint-Hyacinthe, au temps de ma jeunesse \u00bb. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 20 mars 1985.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> N\u00e9 \u00e0 Saint-Hyacinthe en 1906, Philippe Pothier est le fils du bijoutier Oscar Pothier et de Marie-Louise B\u00e9langer-Marier. Apr\u00e8s avoir fait ses \u00e9tudes classiques au S\u00e9minaire de Saint-Hyacinthe, il fait son droit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al et est admis au Barreau en 1930. Il sera procureur de la Couronne pour le district de Saint-Hyacinthe et substitut du procureur g\u00e9n\u00e9ral. En 1965, il est nomm\u00e9 juge \u00e0 la Cour Sup\u00e9rieure. Il sera \u00e9chevin de 1956 \u00e0 1965 durant le mandat du maire Jacques Lafontaine. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 9 juillet 1996.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":6527,"template":"","auteur":[80],"categorie-dhistoire":[111],"class_list":["post-6524","histoire","type-histoire","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","auteur-albert-remillard","categorie-dhistoire-fetes-et-evenements"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/6524","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/histoire"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/6524\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6533,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/6524\/revisions\/6533"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6527"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6524"}],"wp:term":[{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=6524"},{"taxonomy":"categorie-dhistoire","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categorie-dhistoire?post=6524"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}