{"id":7483,"date":"2025-09-18T09:09:56","date_gmt":"2025-09-18T13:09:56","guid":{"rendered":"https:\/\/histoiredemaska.com\/?post_type=histoire&#038;p=7483"},"modified":"2025-09-24T15:13:11","modified_gmt":"2025-09-24T19:13:11","slug":"aurelie-gaudreau-queteuse-de-son-metier","status":"publish","type":"histoire","link":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/histoire\/aurelie-gaudreau-queteuse-de-son-metier\/","title":{"rendered":"Aur\u00e9lie Gaudreau, qu\u00eateuse de son m\u00e9tier"},"content":{"rendered":"<p>Chaque ville a ses personnages pittoresques qui marquent leur \u00e9poque par leur comportement original ou leur mode de vie hors-normes. \u00c0 Saint-Hyacinthe, Aur\u00e9lie Gaudreau fait partie de cette galerie de Maskoutains hors du commun. Si on en connait beaucoup sur Aur\u00e9lie aujourd\u2019hui, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 Henriette Dessaulles qui en a fait le sujet de sa chronique \u00ab Lettre de Fadette \u00bb dans l\u2019\u00e9dition du 27 janvier 1925 du journal <em>Le Devoir<\/em> auquel elle collabore.<\/p>\n<p>Aur\u00e9lie Gaudreau est n\u00e9e \u00e0 Saint-Simon de Bagot le 6 novembre 1837, du mariage de Charles Gaudreau et de Marie-Louise Langelier. Elle est l\u2019avant-derni\u00e8re d\u2019une grosse famille de 13 enfants.\u00a0 Lors du recensement de 1871, on constate qu\u2019elle habite toujours avec sa m\u00e8re, deux fr\u00e8res et une soeur dans la maison familiale. Ses parents ne l\u2019ont pas envoy\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole car elle est consid\u00e9r\u00e9e comme simple d\u2019esprit. Malgr\u00e9 tout, l\u2019institutrice de Saint-Simon, Rosalie Palardy, d\u00e9cide de lui enseigner \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire en-dehors des heures d\u2019\u00e9cole. Aur\u00e9lie lui en sera reconnaissante toute sa vie.<\/p>\n<p>\u00c0 la mort de sa m\u00e8re, elle vient habiter \u00e0 Saint-Hyacinthe. En 1911, on sait qu\u2019elle loue une chambre chez un d\u00e9nomm\u00e9 Joseph Plouffe. Le recenseur indique alors qu\u2019elle est mendiante. Elle \u00ab qu\u00eate \u00bb chez les gens les plus ais\u00e9s de la ville. Elle visite ses bienfaiteurs selon un horaire dont elle ne d\u00e9roge jamais. Par exemple, le lundi, elle visite le c\u00f4t\u00e9 sud de la rue Girouard, le mardi le c\u00f4t\u00e9 nord, etc. Chaque jour, elle est attendue quelque part. Elle entre dans le vestibule de la maison et crie\u00a0: \u00ab Il n\u2019y a donc personne, icitte? \u00bb. On vient alors l\u2019accueillir et on lui remet de l\u2019argent qu\u2019elle s\u2019empresse de d\u00e9poser dans son petit sac en cuir.<\/p>\n<figure id=\"attachment_7487\" aria-describedby=\"caption-attachment-7487\" style=\"width: 397px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7487\" src=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/CH085-N-S1-SS2-1976-003_Aurelie-Gaudreau_Queteuse-professionnelle-1920_1976-216x300.jpg\" alt=\"\" width=\"397\" height=\"551\" srcset=\"https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/CH085-N-S1-SS2-1976-003_Aurelie-Gaudreau_Queteuse-professionnelle-1920_1976-216x300.jpg 216w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/CH085-N-S1-SS2-1976-003_Aurelie-Gaudreau_Queteuse-professionnelle-1920_1976-736x1024.jpg 736w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/CH085-N-S1-SS2-1976-003_Aurelie-Gaudreau_Queteuse-professionnelle-1920_1976-1104x1536.jpg 1104w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/CH085-N-S1-SS2-1976-003_Aurelie-Gaudreau_Queteuse-professionnelle-1920_1976-1472x2048.jpg 1472w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/CH085-N-S1-SS2-1976-003_Aurelie-Gaudreau_Queteuse-professionnelle-1920_1976-600x835.jpg 600w, https:\/\/histoiredemaska.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/CH085-N-S1-SS2-1976-003_Aurelie-Gaudreau_Queteuse-professionnelle-1920_1976-scaled.jpg 1840w\" sizes=\"(max-width: 397px) 100vw, 397px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7487\" class=\"wp-caption-text\">Aur\u00e9lie Gaudreau. Centre d&#8217;histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH085 Studio B.-J. H\u00e9bert, photographe.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Comme elle ne mendie que dans les quartiers riches, elle parvient rapidement \u00e0 s\u2019amasser une petite fortune car elle d\u00e9pense tr\u00e8s peu. Ses protecteurs (majoritairement des pr\u00eatres et des religieuses) ont fort \u00e0 faire pour emp\u00eacher qu\u2019on abuse d\u2019elle. Nombre d\u2019hommes aimeraient bien l\u2019\u00e9pouser pour mettre la main sur son p\u00e9cule mais on parvient toujours \u00e0 emp\u00eacher Aur\u00e9lie de tomber dans leurs griffes. Selon Henriette Dessaulles, elle aime tout le monde et elle est incapable de concevoir qu\u2019une personne puisse \u00eatre anim\u00e9e de mauvais sentiments.<\/p>\n<p>Elle passe ses grandes journ\u00e9es \u00e0 d\u00e9ambuler au centre-ville, ce qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 rencontrer de nombreuses personnes pas toujours bien intentionn\u00e9es. C\u2019est ainsi qu\u2019au cours de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, un mauvais farceur parvient \u00e0 la persuader qu\u2019elle avait deux fils qui avaient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s au front. Bien qu\u2019elle ne se rappelle plus s\u2019\u00eatre mari\u00e9e et avoir eu des enfants, elle croit fermement \u00e0 cette histoire jusqu\u2019\u00e0 la fin de la Guerre.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s pieuse, elle se v\u00eat chaque dimanche de ses plus beaux atours et elle va assister \u00e0 la grand-messe \u00e0 l\u2019\u00e9glise Notre-Dame du Rosaire. Elle loue un banc dans les premi\u00e8res rang\u00e9es et elle est souvent la premi\u00e8re arriv\u00e9e. On dit qu\u2019elle \u00e9tait toujours heureuse. Elle aimait bien rire et avait m\u00eame invent\u00e9 un mot d\u2019esprit qu\u2019elle r\u00e9p\u00e9tait inlassablement\u00a0: \u00ab Qu\u2019est-ce qui est blanc et noir, qui ne parle pas mais qui fait bien parler? La gazette ! \u00bb.<\/p>\n<p>En 1925, elle dut cesser de mendier \u00e0 cause d\u2019un nouveau r\u00e8glement municipal. Elle s\u2019installe alors \u00e0 l\u2019ouvroir Sainte-Genevi\u00e8ve, situ\u00e9 sur la rue Saint-Antoine, institution g\u00e9r\u00e9e par les S\u0153urs de la Charit\u00e9 et qui accueille les dames \u00e2g\u00e9es. Elle meurt trois ans plus tard, le 28 octobre 1928, une semaine avant ses 91 ans.<\/p>\n<p><strong>Photo\u00a0: <\/strong>Aur\u00e9lie Gaudreau. Centre d\u2019histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH085, Studio B.J. H\u00e9bert, photographe.<\/p>\n<p>Ce texte \u00e9crit par Martin Ostiguy a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans\u00a0<em>Le Courrier de Saint-Hyacinthe<\/em> le 1er f\u00e9vrier 2024.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":7484,"template":"","auteur":[],"categorie-dhistoire":[],"class_list":["post-7483","histoire","type-histoire","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/7483","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/histoire"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/7483\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7490,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/histoire\/7483\/revisions\/7490"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7484"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7483"}],"wp:term":[{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=7483"},{"taxonomy":"categorie-dhistoire","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoiredemaska.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categorie-dhistoire?post=7483"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}