7 avril 1992


Incendie du Collège Saint-Maurice et de la Maison-Mère des Sœurs de la Présentation de Marie


Texte tiré du Clairon de Saint-Hyacinthe, mercredi 8 avril 1992, page 19.

Par Michel Lamarche


Des pertes de 40 à 50 millions de dollars


Pour les Maskoutains, le mardi 7 avril 1992 restera gravé comme, l’une des dates les plus tristes de l’histoire de leur municipalité : la Ville de Saint-Hyacinthe a perdu une importante partie de son patrimoine, lorsqu’un gigantesque incendie a ravagé, hier matin, la Maison-Mère des Sœurs de la Présentation de Marie et l’école du Collège Saint-Maurice, un établissement érigé sur la rue Girouard depuis 1876.


Ce sinistre a semé la consternation parmi religieuses, étudiantes et anciennes élèves que l’on pouvait voir sur les lieux du brasier.


Pendant que plusieurs religieuses et élèves ne pouvant retenir leurs larmes, quelques anciennes étudiantes ressassaient toutes sortes de souvenirs de leur passage à l’intérieur de la prestigieuse institution scolaire.


Même les Maskoutains moins concernés par l’histoire du Collège Saint-Maurice étaient nostalgiques en regardant les événements et plusieurs aînés comparaient cet incendie à ceux qui ont frappé le Séminaire de Saint-Hyacinthe, en 1927 et en 1963.



Une propagation rapide


Selon ce qu’a indiqué madame Céline Dion-Desjardins directrice responsable des élèves du 2e cycle du Collège c’est-à-dire les élèves de 3e, 4e, et 5e secondaires, le feu s’est déclaré à 7 h 52, dans une chambre du 4e étage de la Maison-Mère, où avaient cours des travaux de rénovation d’ordre mineur. Au moment de mettre sous presse, personne n’a confirmé si ces travaux étaient la cause directe de l’incendie.

 


Si le sinistre a d’abord frappé la partie plus au centre du vénérable édifice, il s’est répandu très vite dans l’ensemble de l’établissement, y compris la partie surnommée l’École Normale, et en après-midi, seul le gymnase, une construction beaucoup plus récente située à l’extrémité est du Collège, pouvait être sauvé.


Nous avons été confrontés à une propagation horizontale et verticale des flammes, très rapide en plus, de sorte que vers 8 h 15, soit une quinzaine de minutes, après mon arrivée, nous pouvions déjà dire que le feu était hors de contrôle, de raconter le chef du Service des incendies de la Ville de Saint-Hyacinthe, monsieur Jacques Desrosiers, lors d’une conférence organisée sur les lieux du sinistre à 13 h 30, mardi de l’après-midi.


Monsieur Desrosiers a d’ailleurs dû se défendre devant un feu nourri de questions qui ont mis en doute le travail de son équipe.


Il n’y a pas un chef d’une équipe de pompiers qui peut être heureux de voir un édifice tomber sous les flammes. Toutefois, je sais pertinemment à quel point nos hommes ont fourni un effort surhumain pour sauver l’édifice, mais en raison de son âge et du fort vent qui, soufflait en direction est, la tâche était impossible », de renchérir monsieur Desrosiers qui a dirigé une équipe de 90 pompiers qui provenaient non seulement de Saint-Hyacinthe, mais de sept autres municipalités soit Belœil, Saint-Bruno, Granby, Saint-Thomas-d’Aquin, Sainte-Rosalie, Saint-Dominique et Sainte-Hélène, le personnel de ces deux dernières équipes demeurant sur attente.


Le sinistre avait atteint une telle ampleur que dès 8 h 30, le chef Desrosiers avait pris la décision de procéder à l’évacuation de l’édifice dans lequel se trouvaient quelque 175 religieuses dont plusieurs alitées de façon permanente, et une cinquantaine d’étudiantes pensionnaires, qui en fin de matinée étaient de retour dans leur résidence familiale.


La phase d’évacuation s’est déroulée de façon fort efficace sur une période d`environ une demi-heure. Elle a impliqué de nombreuses ressources, dont les Ambulances BGR, l’Hôtel-Dieu, le Centre hospitalier Honoré-Mercier, le Séminaire de Saint-Hyacinthe, les Sœurs de la Charité et les Sœurs de Saint-Joseph, qui ont toutes contribué d’une façon ou d’une autre au bien-être et à la sécurité des religieuses.


Grâce à cette évacuation, aucune personne n’a été tuée ni blessée des suites de l’incendie.


Les religieuses ont été reçues dans, divers établissements de la région, dont le Séminaire et les Maisons des Sœurs de la Charité et des Sœurs Saint-Joseph.


Évidemment, au moment de mettre sous presse, on ignorait où, quand et comment on réorganiserait l’année scolaire des quelque 450 étudiantes qui fréquentaient le Collège Saint-Maurice.