Le théâtre maskoutain

Pour stimuler leur sens et leur imagination les citoyens de Saint-Hyacinthe peuvent lire les journaux et des livres et participer aux activités de plusieurs sociétés littéraires comme l’Institut canadien, l’Institut des artisans ou même l’Union catholique. L’organisation de troupes d’acteurs amateurs et la présentation de pièces de théâtre viendront accentuer les occasions de sociabilités pour nos ancêtres qui cherchent sans cesse de nouvelles formes des divertissements au cours du XIXe siècle.
Ainsi, à la fin de 1850, un théâtre de 200 places est aménagé dans une maison près de la gare. Le journal montréalais La Minerve décrit l’endroit comme suit : « Les décorations nous dit-on, en sont très jolies; le rideau de l’avant-scène à lui seul mérite une visite, tant on en vante le goût. Il représente une vraie scène canadienne; ce sont des castors faisant leur chaussée au milieu d’une forêt où coule une rivière charmante. Quant aux acteurs on dit que rarement une compagnie d’amateurs peut être mieux formée. Nous devons féliciter messieurs les amateurs de Saint-Hyacinthe d’avoir fait en sorte que le théâtre tel qu’il doit être soit ainsi mis à la portée de tous, tant par le choix des pièces dramatiques qu’autrement. » Lors de l’ouverture du théâtre, Louis Antoine Dessaulles, le directeur de la troupe, mets en scène « Les fourberies de Scapin » de Molière. 

Cette pièce fait partie d’un vaste répertoire comportant plus de 311 pièces présentées sur différentes scènes de Saint-Hyacinthe entre 1850 et 1900. Ce théâtre sera joué par des troupes locales, mais également par des troupes professionnelles qui s’arrêtent à Saint-Hyacinthe pour y exercer leur art.

Au cours de la période, plusieurs formations maskoutaines reprendront sporadiquement le nom d’Amateurs de Saint-Hyacinthe. On fera également du théâtre au sein du Club Dramatique de Saint-Hyacinthe, du Cercle Montcalm et du Cercle catholique. À partir de 1871, les troupes disposent d’une salle de spectacle située à l’étage du marché. Puis, à la fin du XIXe siècle, la Société Philharmonique comptera également une troupe d’amateurs dans ses rangs.

Deux pièces ayant pour thème les événements se rapportant aux soulèvements de 1837 et 1838 connaissent un très grand succès. « Félix Poutré », du poète et dramaturge Louis Fréchette, est présenté en avril 1876. Cette pièce suscitera le plus grand intérêt depuis les débuts du théâtre à Saint-Hyacinthe. Elle sera reprise en mai 1876 et en mai 1878 avec toujours avec le même succès populaire. « Le fils du Meunier », la seconde pièce qui marque l’histoire théâtrale de Saint-Hyacinthe au XIXe siècle, est écrite par T.-D. Bouchard. Elle sera jouée pour la première fois en avril 1899.

Photo:
Troupe de comédiens entourées à gauche et à droite de Zouaves  en uniformes. Date inconnue.
Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, Studio B. J. Hébert, photographe, CH085.