Le comptoir St-Pie

Le Comptoir St-Pie, un magasin de style 5-10-15¢, était localisé au coin Saint-Paul et Sainte-Cécile. Cet édifice de briques rouges avec les coins en blocs de brique blanche avait été construit pour être l’école des garçons, remplaçant la vieille école de la rue Notre‑Dame.

La création du collège Sacré-Cœur de Saint-Pie permet la vente de l’édifice situé sur la rue Saint-Paul. Voici un résumé des événements :

28 mars 1891 : Les commissaires décrètent une taxe spéciale aux fins de la construction de la maison d’école pour garçons dans le dit arrondissement du Village, soit les arrondissements un et deux. Le prélevé est de 83 centins par cent piastres sur les 185 150 $ d’évaluation pour le Village [ces deux arrondissements], un prélevé de 1 536,74 $. [Registre commission scolaire]

31 octobre 1912 : Le surintendant de l’Instruction Publique émet de sévères réprimandes concernant l’école des garçons au Village. Il revient à la charge le 6 décembre.

22 décembre 1912 : Les marguilliers, anciens et nouveaux et francs-tenanciers, adoptent à l’unanimité la concession des terrains de l’ancien cimetière à la Commission des Écoles pour la Municipalité du Village de St-Pie. [copie]

19 janvier 1913 : Le chanoine Pierre-Zéphirin Decelles, curé, fait connaître aux contribuables de la commission scolaire du village les défectuosités de l’école actuelle des garçons et confirme l’octroi de 6 000 $ de Québec pour la construction d’une école académique.

22 avril 1913: La commission scolaire du Village prend possession de l’ancien cimetière et y érige son Académie. À cette époque est signée la convention entre la commission scolaire et les Frères du Sacré-Cœur, [copie]

Collège des Frères du Sacré-Coeur de Saint-Pie, vers 1920. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH418 Ghyslaine Marion

 

Suite à l’ouverture de cette école académique en 1914, l’ancienne école est vendue aux descendants Roy.

Quand l’Avent arrivait, alors apparaissaient les marchandises de Noël!

Les inventaires n’étant jamais très gros à l’époque, il ne fallait pas trop tarder à choisir tôt ses effets. On ne connaissait encore pas les Vendredis fous, ni les ventes d’Avant Noël et à trop attendre on risquait de se retrouver devant des tablettes vides!

Publicité parue dans le Programme des Fêtes de la Chambre de Commerce de St-Pie, 1961

Au début des années 1950, c’est Denis Roy (1915-1992) et son épouse Yolande Roberge (1927-1978) qui en sont propriétaires. Je me souviens aussi du vieux monsieur Albert Labossière (1888-1968), barbier dans une pièce sur le côté, dans ce magasin, cachée par un rideau de toile écrue. Son épouse Alphonsine Bélanger (1889-1985) servait aussi les clients avec son grand tablier qui, je crois étais de la même couleur que le rideau. Elle devait être bien gentille si j’en parle encore.

Avec l’arrivée des Centres d’achat et de leur grand pouvoir d’achat, ce genre de petits commerces n’ont su résister, comme il est chanté dans la toune La rue Principale des Colocs.

On se souviendra aussi, qu’occasionnellement, un logement juxtaposé au magasin servait de salon mortuaire, soit pour suppléer à celui de Napoléon Desparts, pas loin sur la rue Salaberry, soit pour satisfaire les personnes qui ne voulaient pas lui accorder leur clientèle.

À la fermeture de ce commerce, Léopold Beauregard (1918-1993) acheta l’édifice et en fit des logements. Un revêtement stucco recouvrit la brique d’origine et ce n’est que récemment que j’ai remarqué la détérioration de celui-ci, preuve que ce fut là un travail bien fait compte tenu de sa longue durée de vie. Si vous passez par là, jetez un œil à cette belle construction qui a plus de 134 ans!

 

D’après un article de Richard St-Pierre tiré de la chronique « Histoire et patrimoine » de l’Écho de ma ville (le bulletin municipal de Saint-Pie) paru en décembre 2021.

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