Par : Martin Ostiguy, membre du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe
Madeleine Arel est née le 14 janvier 1921 à Trois-Rivières. Elle est la fille d’Albert Arel et de Bernadette Landry. Madeleine est l’ainée d’une famille de trois enfants qui feront tous carrière dans le domaine artistique et auront un parcours remarquable. Son frère cadet Marcel sera photographe et possédera le studio Lumière à Saint-Hyacinthe, tandis que Gaston, le benjamin, deviendra un organiste de grande réputation.
Au début des années 1930, la famille quitte Trois-Rivières pour s’installer à Saint-Hyacinthe. La grande passion de Madeleine, qu’elle a héritée de sa mère, c’est la musique. Elle n’a que seize ans lorsqu’elle commence à enseigner le piano. Elle exercera cette carrière d’enseignante durant quatre-vingt-quatre ans. Lorsqu’elle meurt subitement, à l’âge de cent ans, elle attend une élève qui vient pour sa leçon de piano…
Diplômée de l’Académie de musique du Québec, elle remplace son frère Gaston comme professeur de piano au Séminaire de Saint-Hyacinthe en 1953. Gaston, qui vient de recevoir une bourse de 1000 $ du ministre de la Jeunesse, part un an en Europe pour parfaire son métier d’organiste. Madeleine devient ainsi l’une des premières femmes à enseigner aux étudiants du Séminaire. À cette époque, elle est à peine plus âgée que les garçons auxquels elle enseigne, ce qui a certainement dû représenter un défi pour elle. Après le retour de Gaston, elle réalise un rêve qu’elle caresse depuis longtemps : elle ouvre son propre studio à la Place Frontenac, située sur la rue Saint-Antoine, en face du marché. Elle engage des professeurs pour l’aider à satisfaire aux nombreuses demandes qu’elle reçoit. Plus de 1500 jeunes Maskoutains et Maskoutaines apprendront le piano dans son studio.
Lorsque ses élèves terminent leur formation, elle se rend avec eux à Montréal où ils passent leurs examens à l’Académie de musique du Québec. Devant la grande qualité de ses étudiants, l’Académie prend finalement la décision d’envoyer des juges à Saint-Hyacinthe, ce qui permet aux élèves de Madeleine de passer leurs examens dans son studio.
Plus tard, elle poursuit sa carrière d’enseignante chez elle, dans son petit appartement de la rue Saint-François. Elle récompense ses élèves avec de petits cadeaux, ce qui devient rapidement sa marque de commerce. À la fin de sa vie, elle doit quitter sa maison et elle s’installe sur la rue Cascades où elle continue de recevoir ses nombreux élèves.
Elle est décédée le 1ier novembre 2021.