Marie-Paule Collette-Caron (1905-1989) : l’organiste de tous les événements

Née le 8 juillet 1905 à Saint-Damase, Marie-Paule Collette est la fille du docteur Joseph-Émile Adalbert Collette. Avant que la famille ne déménage à Saint-Hyacinthe en 1914, son père était très impliqué dans la communauté. Reconnu comme un grand musicien, il a fondé la chorale de Saint-Damase. Il a aussi été président honoraire de la chorale de la cathédrale de Saint-Hyacinthe. En plus de l’exercice de la médecine, il a possédé une pharmacie sur la rue des Cascades et ensuite sur la rue Saint-Antoine.

Pharmacie du Dr Adalbert Collette, vers 1930. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH067 Abbé Lambert Collette

 

La mère de Marie-Paule, Pauline Cartier, est la fille du docteur Antoine-Paul Cartier, petit-cousin de Georges-Étienne Cartier. Médecin de Sainte-Madeleine, Antoine-Paul Cartier a été député provincial conservateur du Comté de Saint-Hyacinthe de 1892 à 1897.

Pauline Cartier. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH085 B.J. Hébert, photographe

Dans sa jeunesse, Marie-Paule Collette se déplace à Montréal pour assister à des concerts. En 1924, elle prend aussi part au voyage annuel organisé par la chorale de la cathédrale de Saint-Hyacinthe. À partir des années 1920, Marie-Paule Colette est présentée comme une élève de Léon Ringuet. Elle s’est également perfectionnée auprès de Joseph-Jean Goulet. En 1928, elle reçoit une distinction pour saluer son dévouement lors de ses cours de solfège donnés par monsieur Goulet.

Marie-Paule Collette, 1928. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH085 B.J. Hébert, photographe

Après le départ de l’organiste Blanche Alméras, Marie-Paule Collette est de plus en plus présente à l’orgue pour accompagner les chorales de la cathédrale et celle de Sainte-Cécile. Par exemple, en 1931, elle est à l’orgue lorsque la chorale chante lors de la première messe célébrée dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu.

En 1932, elle devient titulaire de l’orgue de la cathédrale. En plus de continuer de jouer à des funérailles, des mariages, des messes et autres fêtes du calendrier chrétien comme la Toussaint, les Rois et Pâques, elle « touche » l’orgue lors d’événements de grande envergure. Par exemple, en 1934, elle est à l’orgue de la cathédrale lors des prestations offertes par un chanteur qui a performé à l’Opéra de Milan et lors de la visite du cardinal Villeneuve. Aussi, en 1935, elle est à l’orgue lors des festivités entourant le 30e anniversaire de fondations des Zouaves de Saint-Hyacinthe qui a attiré des délégations de plusieurs endroits au Québec. Elle accompagne aussi les Maskoutains dans les périodes de deuils puisqu’elle est à l’orgue lors des funérailles de Georges-Casimir Dessaulles en 1930, de Léon Ringuet en 1932 et des victimes de l’incendie du collègue Sacré-Cœur en 1938.

Le Courrier de St-Hyacinthe, 11 juillet 1973, Cahier A, p. 13

On retrouve aussi Marie-Paule Collette au piano d’accompagnement lors de nombreux événements qui ont lieu à Saint-Hyacinthe comme des spectacles, des concerts bénéfices et des récitals d’élèves. En 1932, elle est au piano d’accompagnement pour le concert de la Philarmonique et en 1935, on peut aussi l’entendre à la radio de CKAC lorsqu’elle accompagne au piano la chorale de la cathédrale. En 1935, elle est nommée vice-présidente d’honneur de la toute nouvelle association chorale de Saint-Hyacinthe qui en est à sa deuxième année d’existence. En 1937, elle est à la radio de C.K.S.H. pour accompagner au piano la chorale Sainte-Cécile.

 

En plus d’être titulaire de l’orgue de la cathédrale jusqu’en 1938, elle occupe aussi cette fonction à l’église Notre-Dame-du-Rosaire entre 1935 et 1950. Toutefois, on peut aussi la voir jouer dans d’autres églises de la région lors de funérailles ou autres événements.

Abbé Lambert Collette. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH001 Séminaire de Saint-Hyacinthe

Le 9 juillet 1937, elle épouse Lorenzo Caron à la cathédrale. C’est son frère l’abbé Lambert Collette qui donne la bénédiction nuptiale et son beau-frère, Armand Caron, joue de l’orgue. Quelques membres de la chorale sont présents et sa sœur Françoise a également chanté. Après le mariage, une réception est organisée dans la maison de son père.

Maison du docteur Collette sur la rue Girouard. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH478 Histoire de Saint-Hyacinthe

Le père de Marie-Paule Collette a acheté cette maison en 1920 et il l’a habité durant 35 ans.

 

Le couple est parti en voyage de noces en automobile aux États-Unis.

 

Quelques années avant leur mariage, Marie-Paule Collette était au piano lors d’un concert auquel Lorenzo a prêté sa voix comme baryton :

Le Courrier de St-Hyacinthe, 9 février 1934, p. 4

Après son mariage, Marie-Paule Collette demeure active sur la scène musicale maskoutaine puisqu’elle participe à plusieurs événements dont le récital des élèves de Rose Létourneau qui s’est déroulé au théâtre Maska en 1939 et une opérette qui a lieu le 7 mai 1940 au théâtre Corona. Elle est de la partie lors des festivités entourant l’inauguration du kiosque Léon Ringuet en 1941 alors qu’elle exécute Toccate Fantaisie en Do Majeur de son ancien professeur Léon Ringuet lors d’une messe célébrée à la cathédrale.

Noces d’or du docteur Collette avec son épouse Pauline Cartier, 1954. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH470 Marie-Paule Colette-Caron

En 1989, elle est nommée organiste émérite par la Chorale intercommunautaire, un regroupement qui comprend les chorales de la cathédrale et de Notre-Dame du Rosaire dont elle a été l’organiste attitrée. Elle est décédée le 27 mars 1996 à Saint-Hyacinthe.

 

Marie-Paule Collette-Caron, 1957. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH085 B.J. Hébert, photographe

 

Sources :

Plusieurs articles du journal Le Courrier de St-Hyacinthe et le journal Le Clairon dont Le Courrier de St-Hyacinthe, 19 juin 1991, Le Patrimoine, p. 25

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