Les premières fonderies à Saint-Hyacinthe

Tout au long de la seconde moitié du 19e siècle, les établissements manufacturiers du secteur de la métallurgie demeurent d’une ampleur relativement modeste. Selon le recensement de 1871, 11 établissements ont pignon sur rue à Saint-Hyacinthe et on y retrouve 66 travailleurs. On est encore bien loin des manufactures regroupant plusieurs centaines d’employés! La production des ateliers de métallurgie est surtout dévolue aux outils et instruments propres à l’agriculture ou instruments aratoires (presses à foin et charrues), mais il existe quelques exceptions.

 

Établissement de Pierre Soly ou Fonderie Canadienne

Vers 1840, Pierre Soly ouvre une fonderie au coin de Mondor et de Sainte-Marguerite sous le vocable « Fonderie Canadienne » ou « Canadian Foundry ». En 1845, Soly publie un avis à l’effet qu’il confectionne des roues de fonte à patente. C’est également lui qui fondit la première cloche en sol canadien.

En 1977, Benoit Vanier pose avec la cloche de l’Église Notre-Dame-de-Rosaire, la plus vieille cloche de Saint-Hyacinthe fondue par Pierre Soly en 1846. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH479 Histoire religieuse, civile et politique.

En 1853, on retrouve la fonderie sur la rue Saint-Hyacinthe (aujourd’hui Hôtel-Dieu). On y travaille la fonte, le fer, l’acier et le cuivre, en plus de réparer et fabriquer des machines à vapeur, des instruments aratoires, des presses à foin, des charrues ainsi que des machines pour scieries. En 1859, un agrandissement permet l’ajout de nouvelles machines.

Malheureusement, la fonderie est détruite suite à un embâcle sur la rivière Yamaska en avril 1862.

 

De la Fonderie Hyacinthe Dussault à la Fonderie Dussault & Lamoureux

Dans le même secteur de fabrication, la Fonderie H. Dussault est présente dès 1857 dans le décor maskoutain et y demeure jusqu’en 1894. D’abord située sur la rue Saint-Simon, on la retrouve ensuite sur la rue du Bord de l’eau.

L’entreprise propose à sa clientèle : charrues, cribles, mouvements de moulins à farine et à scie, etc. Au fil des ans, sa production se diversifie avec des poêles et d’autres ouvrages en fonte confectionnés sur demande. En 1885, la Fonderie est reconnue pour la fabrication d’instruments aratoires. Malheureusement, l’établissement est grandement endommagé par les glaces en 1891.

Compagnie Dussault et Lamoureux. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH478 Histoire de Saint-Hyacinthe

En 1893, Valmor Dussault, petit-fils de Hyacinthe chez qui il a fait son apprentissage, s’associe à Anthime Lamoureux pour créer la Fonderie DUSSAULT & LAMOUREUX située au 4 rue Saint-Hyacinthe. Cette entreprise fabrique des pièces de machineries fondues sur commande et se spécialise en poutres. On y retrouve également des clôtures de patrons et on y fait la fonte du cuivre, zinc et autres métaux. De cette manière, la Fonderie Dussault et Lamoureux ne se limite plus à la seule ou principale fabrication d’instruments aratoires, mais opte pour une réelle diversification de sa production.

 

La courte existence de la Fonderie Yamaska de Charles Nelson

La vie de cette entreprise se révèle assez courte, soit environ deux ans. Le Courrier de Saint-Hyacinthe en fait mention le 15 mai 1866. En plus de divers instruments aratoires, on y vend diverses catégories de poêles en fonte ainsi que des « couchettes en fer, sofas pour jardins en fer, pentures de grange, boites des roues, roues de moulins » ainsi que des « chaudrons de toutes espèces et grandeurs. Le public trouvera à la FONDERIE YAMASKA tout ce qu’il y a dans un établissement de première classe. » (Le Courrier, 12 mai 1866, p. 1). Malheureusement, en 1868, Charles Nelson est acculé à la faillite et ses biens sont mis en vente à l’encan.

Le Courrier de St-Hyacinthe, 8 janvier 1868, p. 4 

 

D’après l’article de Robert Nahuet, PhD, publié dans le journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 10 juillet 2025.

 

Pour en savoir plus :

Dossier de recherche de Robert Nahuet sur les établissements en métallurgie

Tableau-synthèse sur les établissements en métallurgie 

 

Références : 

MONOGRAPHIE

Choquette, C.-P., Histoire de la ville de Saint-Hyacinthe.  Saint-Hyacinthe, Richer et fils, libraires-éditeurs, 1930. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2022313?docref=Z_K-0fYJiAZUzBmM2bBO0g

 

Société d’histoire régionale de Saint-Hyacinthe, Saint-Hyacinthe 1748-1998. Québec, Septentrion, 1998.

 

ANNUAIRES, GUIDES, ALMANACHS (par ordre chronologique)

Mackay, Robert W. Stuart, The Canada directory. Montréal, Lovell, 1851. https://www.canadiana.ca/view/oocihm.29570/1

The Canada directory for 1857-58. Montréal, J. Lovell, [1857?] https://www.canadiana.ca/view/oocihm.29571/1

Mitchell and Co’s_GTR Gazetteer 1862-63 / Grand Trunk Railway gazetteer, commercial advertiser and business directory : No. 1 (1862-63). Toronto, J.L. Mitchell & A.O. Loomis, Publishers and Compilers, 1862. https://www.canadiana.ca/view/oocihm.8_00055_1/

 

Mitchell’s Canada gazetteer and business directory for 1864-65. [Toronto? : publisher not identified], 1864. https://www.canadiana.ca/view/oocihm.38000/1

 

Lovell’s Canadian Dominion directory for 1871. Montréal, John Lovell, 1871.  https://www.canadiana.ca/view/oocihm.09143/16

 

Almanach-Directoire de Saint-Hyacinthe pour l’année 1875.  St-Hyacinthe, M.A. Keroack, libraire, 1875. https://www.canadiana.ca/view/oocihm.8_00193

Guide de Saint-Hyacinthe 1883. Saint-Hyacinthe, Camille Lussier, 1883.    https://www.canadiana.ca/view/oocihm.53277/1

 

Guide de Saint-Hyacinthe 1885. Saint-Hyacinthe, Camille Lussier, 1885.

https://www.canadiana.ca/view/oocihm.8_00120_2/1

 

Lovell’s Business & Professional Directory of the Province of Quebec 1890-91.
Montréal, John Lovell & Son, 1890.  https://www.canadiana.ca/view/oocihm.8_00121_1/1

 

Guide de Saint-Hyacinthe 1894.  Saint-Hyacinthe, Camille Lussier, 1894. https://www.canadiana.ca/view/oocihm.8_00120_4

 

Lovell’s St. Hyacinthe Business Directory for 1906-07.  Montréal, John Lovell & Son, 1906.  https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3652269

 

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